vendredi 19 novembre 2010

Gabon : La mise en garde du PDG sur les «biens mal acquis»

La Cour de cassation française a autorisé le 9 novembre la justice à enquêter sur les conditions d'acquisition en France du patrimoine de trois chefs d'Etat africains, dans l'affaire des «biens mal acquis». Le dossier concerne le patrimoine immobilier des présidents Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatorial), le défunt chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba. Dans le communiqué ci-dessous, le Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) met notamment en garde la Cour française contre les conséquences qui découleraient de cette décision.

Communiqué du Parti Démocratique Gabonais

En date du 9 novembre 2010, la Cour de cassation française a rendu une décision annulant un arrêt de la cour d’appel de Paris rendu en mai 2009 et ayant conclu au rejet de la demande de l’organisation Transparency International dont la Cour d’appel avait estimé, à juste titre, qu’elle n’avait aucun intérêt juridique pour agir en la matière.

Cette décision, d’une rare gravité, ne saurait laisser sans réaction tous ceux qui sont attachés au principe d’une société internationale organisée sur la base du respect du droit international et de la souveraineté des Etats.

En effet, en décidant que les activistes français de Transparency International, dont les desseins cachés et donneurs d’ordre sont connus, avaient un intérêt à agir au motif que les faits «seraient de nature à causer à l’association un préjudice direct et personnel en raison de sa mission spécifique de lutte contre la corruption», la Cour de cassation française s’est d’abord ridiculisée aux yeux de ceux qui voyaient un temple du droit tout en se fourvoyant.

Cette juridiction a de surcroît créé un précédent extrêmement fâcheux, source d’insécurité juridique internationale et de tensions diplomatiques en s’inscrivant contre toutes les règles établies en droit international et contre la Cour Internationale de Justice qui, en 2002, a eu à condamner la Belgique pour avoir violé l’immunité de juridiction d’un dirigeant de l’Etat congolais.

La Cour de cassation s’est, en effet, totalement ridiculisée en se fondant sur des arguments aussi saugrenus. Car, à partir de là, tout le monde peut avoir un intérêt à agir contre n’importe qui, n’importe quand et n’importe où.

C’est le lieu de rappeler que les décisions de justice sont rendues en France «au nom du peuple français». Or, au nom de quoi le «peuple français», serait-il légitime pour juger de faits qui ne le concernent en rien ?

Quel peuple d’Afrique a fait du juge français et Transparency le gardien de ses intérêts ou de ses droits ?

En s’arrogeant ainsi, au nom d’une prétendue compétence universelle à géométrie variable, le droit d’engager des poursuites pour des faits relevant d’autres Etats, les juges français ont cédé à un penchant courant chez tous ceux qui, en Occident n’ont rien appris de l’Histoire.

Ces magistrats français, arrière-garde nostalgique d’un temps révolu, ne croient pas au droit international qu’ils foulent aux pieds, mais en la loi du plus fort et à la supériorité affirmée d’une civilisation au nom de laquelle, pourtant, les pires crimes ont été commis et sont toujours restés impunis au mépris du droit des peuples opprimés et spoliés par leurs congénères.

Au regard de ce qui précède, le Parti Démocratique Gabonais, dénonce avec la plus vive énergie cette décision et se réserve le droit de lancer toute action visant à en assurer l’échec. Le Part Démocratique Gabonais engage, enfin, les auteurs de cette décision à en assumer, le moment venu, toutes les conséquences.
 
Publié le 11-11-2010    Source : Gaboneco     Auteur : Gaboneco 

Gabon : Grand meeting de l’opposition à Rio le 20 novembre

La Coalition des Partis Politiques pour l'Alternance (CPPA) et l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR), les deux grands regroupements politiques de l’opposition gabonaise, vont organiser un meeting commun le samedi 20 novembre sur la place de Rio à Libreville.

L’opposition gabonaise a décidé d’organiser un meeting le 20 novembre à Rio, à Libreville, l’une des places fortes de l’Union du peuple gabonais (UPG) de Pierre Mamboundou. L’opposition l’a annoncé au cours d’une réunion tenue le 16 novembre au siège de l’Union nationale (UN, opposition), et qui regroupait la Coalition des Partis Politiques pour l'Alternance (CPPA) et l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR).

Ce meeting sera suivi d’une marche pacifique jusqu’au ministère de l’Intérieur que l’opposition demande de faire encadrer par les forces de l’ordre, comme d’usage. Des sources indiquent cependant que l’itinéraire de la marche pourrait changer et se terminer au rond-point de la Démocratie.

Les organisateurs du meeting ont adressé le 16 novembre une lettre au ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de l’Immigration et de la Décentralisation, en vue de solliciter l’occupation du carrefour Rio pour le meeting le samedi 20 novembre dont le début est prévu pour 11 heures.

Le CPPA regroupe les formations et associations politiques suivantes le Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ), le Mouvement de redressement national - tendance unioniste (Morena Unioniste), le Forum africain pour la reconstruction (FAR), le Parti gabonais du progrès (PGP), le Mouvement de Redressement National (MORENA) et l’Union nationale (UN). Pour sa part, l’ACR compte l'Union du peuple gabonais (UPG), l'Alliance nationale de Bâtisseurs (ANB), l'Union pour la nouvelle République (UPNR), le Rassemblement national pour les bûcherons (RNB) et le Parti socialiste gabonais (PSG).

Publié le 17-11-2010    Source : Gaboneco     Auteur : Gaboneco

Gabon : Le Prix de l’Intégrité à Grégory Ngbwa Mintsa

Grégory Ngbwa Mintsa a reçu le 12 novembre à Bangkok (Thaïlande) le Prix de l’Intégrité 2009-2010. Le Gabonais est primé par l’ONG Transparence International pour «son courage et sa détermination dans l’affaire des biens mal acquis».

A l’occasion de la 14e International Anti-corruption Conference (IAAC) à Bangkok, en Thaïlande, Grégory Ngbwa Mintsa a reçu le Prix de l’Intégrité 2009-2010 de l’ONG Transparence International. Attoyage Prema Jayantha (Sri Lanka) et Sergei Magnitsky (Russie) sont également les lauréats de ce prix. «Nous n’avons pas eu à délibérer longtemps sur le choix de Grégory. Sa candidature s’imposait d’elle-même. Le seul fait de sa constitution de partie civile dans la Plainte Bien Mal Acquis est un acte de courage unique et inédit, qui en fait un personnage historique», a affirmé un membre du jury.

«Cette semaine, la Cour de Cassation a jugé recevable la plainte Bien Mal Acquis. Cette décision constitue une victoire historique. Outre qu’elle affirme la volonté d’indépendance de la justice française vis-à-vis des pouvoirs politiques et des puissances d’argent, elle préfigure également la fin de l’impunité du crime patrimonicide, appropriation du patrimoine public par des individus ou des groupes d’individus. Le fait patrimonicide est bel et bien un crime», a indiqué Ngbwa Mintsa.

«Si je suis ici, aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que nous partageons une philosophie. Si je suis ici aujourd’hui, c’est, et je ne vous en remercierai jamais assez, parce que j’ai joui de la solidarité active de la communauté ici présente et de bien d’autres organisations.
C’est pourquoi, confiant dans votre détermination, je vous invite à mobiliser toutes nos énergies pour que le crime patrimonicide soit reconnu par le droit international comme un crime contre l’humanité devant lequel il ne faut plus dérouler le tapis rouge», a conclu Ngbwa Mintsa.

Attotage Prema Jayantha, journaliste d’investigation, a consacré 20 ans de sa carrière à dévoiler les injustices dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il a dénoncé la plus grande escroquerie d’Etat de son gouvernement qui a prélevé et détourné des taxes illégales d’un montant de 37 millions de dollars US. Le troisième lauréat, Sergei Magnitsky, est un avocat russe qui a défendu le fonds d’investissement russe Hermitage en témoignant contre des officiels de la Nomenklatura qui ont racketté Hermitage par le biais de taxes frauduleuses s’élevant à 230 millions de dollars. Depuis 2000, Transparence International décerne le Prix de l’Intégrité qui récompense trois individus ayant fait preuve de courage et de détermination dans leur combat contre la corruption.

Publié le 13-11-2010    Source : Gaboneco     Auteur : Gaboneco 

Gabon : Opération karcher dans la santé

Initiée en septembre par la l’Inspection générale de la santé (IGS), l’opération d’assainissement des établissements privés de santé à Libreville a livré ses résultats le 17 novembre. 30 cliniques illégales ont été fermées et 3 faux médecins écroués.

L’Inspection générale de la santé (IGS) a initié de septembre à novembre une campagne d’assainissement des structures privées de santé à Libreville. Au terme de cette opération dont les résultats ont été rendus le 17 novembre dans la capitale gabonaise, 30 cliniques illégales ont été fermées et 3 faux médecins écroués selon l’IGS. «Les faux médecins de nationalité étrangère ont été écroués à la maison d’arrêt de Libreville pour usurpation de titre, exerçant la médecine de manière illégale», a indiqué le l’inspecteur général de la Santé, Stéphane Iloko.

Selon lui, les cliniques ont été fermées pour non respect des normes autorisant l’exercice de la médecine au Gabon. Il s’agit de l’autorisation d’ouverture, la qualification du gérant et de son personnel, la qualité du plateau technique et de l’infrastructure. «Si vous ne remplissez pas ces quatre critères qui garantissent le bon suivi des malades, on ferme votre structure», a expliqué Stéphane Iloko.

Par ailleurs des amendes allant de 300 000 à 1,5 million de francs CFA ont été infligées aux cliniques dont les personnels outrepassaient les limites de leurs compétences. «Comment un infirmier peut-il exercer la tâche d’un généraliste et une sage-femme celle d’un médecin ? Chacun doit rester à sa place et faire ce pour quoi il a été formé», a déploré le patron de l’IGS, soulignant que l’opération d’assainissement se poursuivra le week-end prochain. «Il n’est pas question de faire la chasse aux cliniques et autres cabinets médicaux, mais de les emmener à s’améliorer en se conformant aux normes», a-t-il conclu. Une initiative louable qui mérite d’être étendue à l’intérieur du pays.

Publié le 18-11-2010    Source : Gabon Matin     Auteur : Gaboneco

vendredi 9 juillet 2010

L'Europe bannit le bois illégal

Le jeudi 08 juillet 2010

Le Parlement européen en a interdit, hier, l'importation ainsi que des produits transformés comme les meubles.

Pour prendre son déjeuner au soleil sur une table en bois exotique, il faudra désormais que ce dernier ait été importé légalement en Europe. Le Parlement européen a ainsi interdit, hier, le commerce illégal du bois afin de lutter contre sa déforestation et protéger le climat.
Jusqu'à la suspension de l'activité

Les importations de bois comme de produits dérivés (meubles, par exemple) sont concernées. Ces mesures devraient être mises en place d'ici à deux ans. Les principaux pays exportateurs visés sont le Brésil, l'Afrique centrale et la Russie. Ce sera donc aux importateurs de s'assurer de la légalité de leur marchandise et les fournisseurs devront indiquer à qui elle a été achetée et revendue.

D'ici à deux ans, toute importation illégale sera sanctionnée. Cependant, aucun montant minimal n'a été fixé et il revient aux États de prendre des mesures contre les contrevenants. La saisie des produits illégaux et la suspension immédiate de l'autorisation d'exercer une activité commerciale ont été également suggérées. Mais les états membres doivent encore valider le texte adopté par le Parlement européen.

Selon l'Onu, le volume de bois issu de récoltes illégales représenterait entre 350 et 650 millions de m3 par an, soit 20 à 40 % de la production mondiale de bois. En 2006, l'Union européenne aurait importé 30 millions de m3 de bois et de produit dérivés d'origine illégale, selon le WWF.

L'Union européenne emboîte ainsi le pas des États-Unis, qui ont voté une loi similaire, en 2008.

Source: www.ouest-france.fr

mercredi 7 juillet 2010

Sydia Touré : « Le second tour du 18 juillet devra être reporté » - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Sydia Touré : « Le second tour du 18 juillet devra être reporté » - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Règlement de comptes entre Kouchner et un ex-diplomate

Par Constance JAMET, le 06/07/10

L'ex représentant de la France au Sénégal, Jean-Christophe Rufin, accuse Claude Guéant et les lobbys de tenir les rênes de la politique africaine de la France. Niant être marginalisé, Kouchner déplore des propos nourris par la «haine».


Evénement rarissime, la diplomatie française expose ses rancœurs sur la place publique. Bernard Kouchner et l'écrivain Jean-Christophe Rufin, ex-ambassadeur au Sénégal, se livrent depuis le début du mois à un règlement de comptes via interviews interposées. Le lauréat du prix Goncourt a ouvert les hostilités, aussitôt sa liberté de parole retrouvée. Sur les ondes d'une radio sénégalaise, il a accusé dimanche le secrétaire général de l'Elysée d'avoir dépossédé le Quai d'Orsay de ses prérogatives en matière de politique africaine et d'avoir ressuscité la Francafrique. Claude Guéant «est très influent sur les questions africaines et le ministère des Affaires étrangères est complètement marginalisé», a regretté Jean-Christophe Rufin, qui a quitté son poste fin juin après des mois de tensions avec le président sénégalais Abdoulaye Wade.

Nicolas Sarkozy «n'est pas très impliqué sur les questions africaines», a poursuivi l'auteur de Rouge Brésil. Le président «a laissé une certaine marge de manœuvre à ses collaborateurs…» alors même que Claude Guéant est «un préfet et n'est pas forcément un connaisseur de l'Afrique», assène Jean-Christophe Rufin. «Mais bon, le Zambèze et la Corrèze, ce n'est pas tout à fait la même chose». Des critiques que l'ancien diplomate a réitérées, mot pour mot, dans Le Monde de mardi. En enfonçant le clou : Claude Guéant «agit d'autant plus librement qu'il n'est responsable ni devant l'Assemblée, ni devant le gouvernement».

Kouchner : «J'espère qu'il ne s'étouffera pas de haine»

Autre responsable de l'évincement du Quai d'Orsay, les réseaux d'influence africains. Des «lobbyistes rétribués ou sous contrat ou en amitié avec des chefs d'Etat africains essaient d'influencer la politique française. Je pense qu'ils ont trop de place», s'inquiète le romancier, pour qui la France «risque de manquer une chance historique de transformer sa relation avec l'Afrique». «D'un côté il y a un ministère, qui sert de vitrine people et morale et de l'autre une realpolitik faite par derrière par d'autres. Le Quai d'Orsay est sinistré. Les diplomates sont dans le désarroi le plus total car ils ne se sentent pas défendus», conclut Jean-Christophe Rufin.

Ces tirades à répétition ont fait bondir le principal intéressé. «De qui parlez-vous ? Ah, l'homme que j'avais nommé, qui n'était pas ambassadeur, et qui n'est pas content que je ne lui téléphone pas alors qu'il a demandé lui-même à partir...», a ironisé lundi Bernard Kouchner. «Maintenant qu' il se mette à bouder, je trouve cela un tout petit peu particulier mais j'ai un peu l'habitude avec lui», a-t-il continué avant de tourner en dérision le dernier roman de l'Académicien, Katiba qui a pour héroïne une employée du Quai d'Orsay. «Il n'a pas l'air mécontent de s'alimenter à la bonne source». Interpellé à l'Assemblée nationale, Bernard Kouchner s'est montré mardi encore plus dur. «J'espère qu'il ne s'étouffera pas de haine (...) On n'est jamais trahi que par les siens», a-t-il lancé.

L'ancien French doctor traverse une zone de turbulences. Les remontrances et les déclarations alarmistes fusent de toute part. «L'instrument est sur le point d'être cassé, cela se voit dans le monde entier», se sont émus ses prédécesseurs, Alain Juppé et le socialiste Hubert Védrine dans une tribune au Monde, où ils ont appelé à arrêter «l'affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France».

Source : Le Figaro.fr (du 07 juillet 2010)