lundi 6 décembre 2010

Burkina-Faso : Compaoré réélu avec des cartes d’électeurs illégales

Le président sortant Blaise Compaoré, candidat à sa propre succession, a été déclaré, jeudi soir, vainqueur de l’élection présidentielle du 21 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Selon les résultats provisoires, Blaise Compaoré recueille 1. 358.941 de voix, soit 80,21% des suffrages exprimés, devançant Hama Arba Diallo (138.666 voix, soit 8,18 %), classé deuxième au terme de cette élection.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara, le chef de file de l’opposition, qui était arrivé en 2e position en 2005 avec près de 5% des suffrages, arrive 3e position avec 6,34% des suffrages, tandis que Boukary Kaboré dit "Le Lion du Boulkiemdé" est classé 4e avec 2,30% des suffrages.

Le candidat indépendant Maxime Kaboré arrive en 5e position avec 1,47%, Emile Paré obtient pour sa part 0,85% et François O. Kaboré, l’héritier du Pr Joseph Ki-Zerbo est classé 6e avec 0,64%.

Conformément à l’article 98 du Code électoral, les candidats disposent de 48 heures pour se pourvoir auprès du Conseil constitutionnel qui doit valider les résultats provisoires proclamés par la CENI.

Ces résultats ont été proclamés alors que le juge administratif, dans sa décision annoncée jeudi, a déclaré les cartes d’électeurs illégales.

Quatre candidats, à savoir Sankara, Diallo, Boukary Kaboré, François Kaboré avaient dénoncé mardi des irrégularités sur les cartes d’électeurs et rejeté les résultats provisoires tout en demandant la démission du président de la CENI, Moussa Michel Tapsoba et la reprise de l’élection présidentielle.
Publié le 26-11-2010    Source : Africatime.com      Auteur : Afriscoop.com

jeudi 2 décembre 2010

"Françafrique", documentaire choc sur 50 ans de politique occulte

par Grégoire LEMARCHAND










Valises de billets, barbouzeries ou coups d'Etat: le documentaire "Françafrique" (France 2) frappe fort pour décrire la politique occulte de la France depuis 50 ans en Afrique, où, selon de nombreux témoins interrogés, tout était permis afin que la source de pétrole ne se tarisse pas.

En deux épisodes de 80 minutes (sortie en DVD anticipée le 2 décembre), le réalisateur Patrick Benquet, conseillé par Antoine Glaser journaliste spécialiste de l'Afrique, démonte les rouages du système "Françafrique", mis sur pied par Jacques Foccart juste après l'indépendance des colonies d'Afrique noire en 1960, à la demande du général de Gaulle.

Objectif: contrôler les dirigeants de ces pays, riches de matières premières vitales pour la France, en tout premier lieu le pétrole. Et en dehors de tout contrôle gouvernemental ou parlementaire, la raison d'Etat a justifié tous les coups, même les plus tordus.

"J'ai voulu montrer que de de Gaulle à Sarkozy, il y a une continuité, explique à l'AFP Patrick Benquet. Les gens connaissent un certain nombre de choses - le Biafra, les diamants de Bokassa, Bob Denard, l'affaire Elf... - mais ne font pas le lien. Tout cela s'inscrit pourtant dans une cohérence".

Le documentaire donne la parole à des témoins clés. "Certains n'avaient jamais parlé et d'autres n'avaient jamais parlé comme ça", souligne le réalisateur.

Maurice Delaunay, ex-ambassadeur au Gabon, décédé depuis, décrit ainsi sans retenue les manoeuvres qui l'ont conduit à favoriser l'accession au pouvoir d'Omar Bongo ou, plus tard, la protection qu'il apporta au mercenaire Bob Denard après une tentative de coup d'Etat manqué au Bénin.

Albin Chalandon, PDG de Elf de 1977 à 1983, n'a pas davantage de scrupules à raconter comment il "arrosait" généreusement le financement des campagnes électorales des grands partis grâce aux énormes revenus générés par le pétrole africain.

"Pour les législatives de 1978 et les présidentielles de 1981, dit-il, cela fait 7 millions de francs, partagés à égalité au nom du principe d'impartialité d'une entreprise publique entre la gauche et la droite".

Des pratiques qui ont perduré, assure ensuite Loïk Le Floch-Prigent, lui aussi président d'Elf (1989-1993), qui explique de surcroît qu'il a financé des guerres en Angola et au Congo Brazzaville afin de favoriser les desseins de sa compagnie!

Le film montre également comment le rapport de force s'est inversé: après avoir été faits et défaits par la France, les dirigeants africains ont pris le dessus. Ils font notamment jouer la concurrence avec Américains et Chinois pour l'exploitation des matières premières.

"L'Afrique, ce n'est pas la tasse de thé de Sarkozy, explique Patrick Benquet. Mais il doit effectuer des allers-retours afin de jouer les "VRP" pour Bolloré, Bouygues ou Areva".

Plus frappant encore, l'avocat Robert Bourgi, présenté comme le conseiller officieux de Nicolas Sarkozy pour l'Afrique, ne fait pas mystère de l'influence qu'a eu Omar Bongo, disparu en 2009, sur la politique intérieure française.

"En 2002, au lendemain de la victoire de M. Chirac, raconte-t-il, avant que ne soit constitué le gouvernement, le président Chirac a dit: "Il serait bon, Robert, que vous présentiez au président Bongo les hommes de l'avenir". On s'est retrouvé dans l'appartement de Bongo (à Paris, NDLR), il y avait François Fillon, Jean-François Copé, Pierre Bédier".

"Il les a interrogés (...), à la fin de l'entretien, il a pris son papier à lettres et couché les noms des élus. Il a dit: "Tu portes ça à Jacques". Il y avait sept noms et parmi les sept, cinq sont devenus ministres du gouvernement Raffarin". "Ca vous choque?", lui rétorque le réalisateur. "Non, ça m'amuse", répond Robert Bourgi en riant.

Source AFP, le 01 décembre 2010

Gabon : Vidéos subversives sur Internet

Après une vidéo sur Internet dévoilant l’intronisation d’Ali Bongo comme Grand maître de la grande loge du Gabon, puis d’autres portant également sur la maçonnerie gabonaise et sur les secrets de fin de règne d’Omar Bongo, voici que la bande annonce, en circulation sur Internet, du documentaire "Francafrique – 50 années sous le sceau du secret", laisse entendre de la bouche de personnalités françaises que la présidentielle d’août 2009 était truquée. Rétrospective de ce qui pourrait passer pour un lynchage médiatique.

Intitulé "Gabon, un pays bien Maçonné" (1) une vidéo circule depuis quelques semaines sur le Net qui montre l’intronisation du président Ali Bongo Ondimba comme Grand maître de la grande loge du Gabon. Ali Bongo Ondimba, qui porte un tablier blanc, y est montré en train de jurer : «Je ferais tout ce qui est de mon pouvoir pour servir les intérêts de la franc-maçonnerie régulière en général, et de cette grande loge en particulier. » On y voit, entre autres, Jean-Charles Foellner, ancien grand maître de la Grande loge nationale française (GLNF) et François Stifani, actuel grand maître du GNLF.

Cette vidéo est un enregistrement de la cérémonie qui a eu lieu à Libreville le 31 octobre 2009, un peu avant qu’Ali Bongo n’ouvre, le 4 novembre de la même année, la conférence mondiale de la «Franc-maçonnerie régulière».

On se demande comment une organisation ésotérique réputée pour sa discrétion et son exigence du secret des activités en loge, a-t-elle laissé cette vidéo s’échapper et se vulgariser. A moins qu’il ne s’agisse d’un sabotage ou d’une "traitrise" révélatrice «d’une banalisation de la nouvelle posture d’Ali Bongo Ondimba mais surtout d’un désaveu au nouveau grand maître», ainsi que le pense le bloggeur gabonais Télesphore Obame Ngomo. Après avoir consulté «de nombreux forums ou blogs maçonniques», celui-ci affirme que «Nombreux sont les frères de la Grande Loge Nationale de France, en guerre ouverte avec François Stifani, proche du président de la République gabonaise, qui appellent au départ de ce dernier ainsi que celui d’Ali Bongo Ondimba. »

Deux autres vidéos échappées des loges sont venues compléter cette sitcom maçonnique. Dans l’une de celles-ci, on voit des franc-maçon gabonais dans une loge chantant en chœur "La Concorde", l’hymne national du Gabon. Ce qui a pour effet de soulever des questions sur la laïcité de l’Etat gabonais ou sur l’amalgame entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Un internaute gabonais n’a pas hésité à s’écrier en plein cybercafé au Centre culturel français Saint-Exupéry de Libreville : «Est-ce qu’on peut chanter l’hymne national dans un temple Bwiti ? Est-ce qu’il serait normal de jouer l’hymne national dans une église ? On veut envoûter le pays ou quoi ?»

Avant cette série maçonnique, les internautes gabonais ont eu droit à la résurgence sur le web d’une autre vidéo intitulée "Sarkozy & Ali Ben Bongo les magouilles annoncées" (2), tournée en juin 2009. Utilisant des images d’archives, celle-ci a été montée pour démontrer que contrairement à ce qu’il affirmait en public, Omar Bongo avait bel et bien fait le choix de son fils Ali Bongo pour lui succéder à la tête du Gabon. Le texte qui accompagne la vidéo sur Dailymotion est explicite :

«Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2008, Omar Bongo […] est interné d'urgence à l'hôpital militaire de Libreville. Quelques semaines plus tard (17 novembre 2008), son fils, Ali Ben Bongo, ministre de la défense, et prétendu "successeur" du président du Gabon, est, sur "instructions" du doyen des chefs d’Etat africains, invité à Paris à s'entretenir avec le président français Nicolas Sarkozy, sur d’éventuelles questions liées aux accords (secrets) de défense entre le Gabon et la France. Cet épisode nous rappelle une certaine période de février à novembre 1967, où Jacques Foccart, l'homme de main des réseaux françafricains de Charles De Gaulle, premier président de la Ve République française, préparait le jeune Albert Bernard Bongo, à la succession du président Léon Mba, tombé longuement malade. » On comprend une fois encore que la Françafrique n’en a cure de la démocratie tant invoquée dans les discours officiels.

Depuis un peu plus d’une semaine, le buzz sur la toile gabonaise est le film "Françafrique – 50 années sous le sceau du secret" réalisé par le français Patrick Benquet avec l’appui journalistique de l’ancien rédacteur-en-chef de La lettre du continent, Antoine Glaser. D’une durée de 4 mn, la bande annonce (3) de ce film est «forwardée» de mail en mail, se retrouve sur la plupart des forums fréquentés par les Gabonais et circule à Libreville à travers les téléphones portables par Bluetooth interposé.

Si le film explique les mécanismes de la Françafrique, ce qui est délétère pour le Gabon est le fait que des personnalités françaises d’importance et qui devraient être contraintes aux règles diplomatiques, au secret et à la raison d’Etat, en viennent à soutenir que Ali Bongo n’aurait pas remporté la présidentielle du 30 août 2009. Il en est ainsi de l’ancien chef des services secrets du Gabon, de l’ancien ambassadeur de France au Gabon Maurice Delaunay, de l’ancien "Monsieur Afrique" de Jacques Chirac à l'Elysée qui va jusqu’à avancer des chiffres. Tous affirment, à quelque chose près, que la présidentielle anticipée d’août 2009 a été truquée.

Mais que fait donc la France ? Le film de Patrick Benquet sera diffusé à partir du 9 décembre prochain sur France 2, chaine publique presque sous contrôle de l'Etat français. Les Gabonais, notamment les internautes qui assistent à cette succession de "divulgations", ne manquent pas de s’interroger : «A quoi cela rime-t-il ? Y a-t-il un manipulateur derrière cette campagne médiatique ? Au quel cas, que vise-t-il ? S’agit-il tout simplement d’une conjonction hasardeuse de faits ? Pourquoi maintenant ?»

(1)Le Gabon, un pays bien maçonné
http://www.dailymotion.com/video/xfks40_le-gabon-un-pays-bien-maconne-intronisation-d-ali-bongo_news

(2) Sarkozy & Ali Ben Bongo les magouilles annoncées
http://www.dailymotion.com/video/x9locd_sarkozy-ali-ben-bongo-les-magouille_news

(3) Françafrique - Extrait 1
http://www.youtube.com/watch?v=TkDkMFEQnZs

Source  : Gaboneco, le 02 décembre 2010

vendredi 26 novembre 2010

GABON-POLITIQUE : Pierre Mamboundou, New Look

Le président de l’Union du Peuple Gabonais est d’aplomb, six  mois après son évacuation en France pour des raisons de santé. Une annonce faite à son retour sur Libreville le dimanche 20 Novembre 2010. Pierre Mamboundou n’a pas manqué de remercier l’Etat français pour avoir pris en charge les frais liés à son hospitalisation, idem pour le gouvernement gabonais, pour n’avoir ménagé des efforts, dans la volonté de s’enquérir quotidiennement de son état de santé, fragile au moment de son évacuation à Paris. ‘’Pierro’’ n’a pas caché sa reconnaissance, pour l’accueil jugée exceptionnel que lui a réservé en France le président Nicolas Sarkozy, et pour la haute attention  du président gabonais Ali Bongo Ondimba, qui a tenu personnellement  lors d’un déplacement dans la capitale française, de notamment échanger à ce propos avec pierre Mamboundou, se refusant à se contenter des informations qui lui étaient régulièrement faites par les autorités françaises, selon le leader de l’UPG.

« C’est dire que les choses ne seront plus les mêmes et j’espère que le peuple, les militants de mon parti, l’UPG, et ceux des partis amis de l’alliance pour le changement et la restauration, me suivront dans ma nouvelle approche » a déclaré en substance le leader de l’UPG, qui affirmait dévoiler plus tard la profondeur de sa pensée.

Dans ce clair-obscur de renouveau, des questionnements nés de la récente rencontre de Paris avec le président Ali Bongo Ondimba, continuent d’alimenter les conversations autour d’un supposé rapprochement entre les deux hommes. En cas de désormais proximité politique officielle, la nouvelle donne aurait pour entre autres conséquences, de mettre un terme à la bataille de la conquête du pouvoir par Pierre Mamboundou, avec pour bases arrières l’arène de l’opposition.

Tout compromis politique passé avec Ali Bongo Ondimba, ferait de fait entrer Pierre Mamboundou dans la majorité présidentielle, après plus de vingt ans passés dans l’opposition, dont il est d’ailleurs le leader au regard des résultats de la présidentielle du 30 août 2009, à l’issue de laquelle il est sorti deuxième.

Trêve de supputations et spéculations pour le moment, puisque la conférence de presse qu’animera dans les prochains jours Pierre Mamboundou, nous fixera définitivement sur sa  nouvelle approche politique. Il reviendra ensuite à tous et a chacun d’en tirer les enseignements.

Difficile de passer sous silence l’accueil triomphale qu’a reçu Pierre Mamboundou lors de son retour au bercail, malgré la pluie qui s’abattait sur Libreville.

Source : www.mazleck.info, le 22 novembre 2010.

mardi 23 novembre 2010

Gabon : Le come-back de Mamboundou

Après six mois hors du pays, l’opposant historique Pierre Mamboundou est rentré le 21 novembre au Gabon, où il a été accueilli par une marée rouge de sympathisants à l’aéroport de Libreville.

L’opposant historique et leader de l’Union du peuple gabonais (UPG) est rentré de France le 21 novembre où il a séjourné pendant 6 mois pour des raisons de santé. Il a été accueilli à Libreville par ses sympathisants et certains leaders de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR).

« J’ai été reçu de manière exceptionnelle. Je suis parti pour des raisons de santé. D’aucuns m’avaient dit mort et, ça été amplifié. Mais, la science a eu raison des rumeurs. Je voudrais remercier tout le peuple gabonais qui a eu une très grande compassion pour moi. Je voudrais aussi dire que le peuple français, le gouvernement français, s’est occupé de tous les soins. Je voudrais être reconnaissant au Président Sarkozy qui, lorsqu’il est venu ici, m’a demandé, au cours d’un tête à tête, de venir me faire soigner à Paris. J’ai été interné à l’hôpital du Val de Grâce. Ils se sont occupés de moi et tout c’est bien passé.», a déclaré Pierre Mamboundou en conférence de presse.

«Je voudrais aussi dire que le président de la République gabonaise, s’est inquiété de ma santé. Il était régulièrement informé par les autorités françaises de l’évolution de ma santé. Donc, je sais gré à toutes ses autorités gabonaises et françaises pour m’avoir remis d’aplomb et je suis prêt pour la bataille. Pour tout ce qui va se passer à partir de maintenant, j’espère avoir le soutien de tous les Gabonais et particulièrement des militants de l’UPG et de l’ACR. Evidemment, rien ne peut se faire sans le soutien de la population. Et, je pense que dans quelques jours, nous serons fixés sur tous ce qui s’est passé avant que je ne sois à Paris et après que je sois revenu dans notre pays», a-t-il poursuivi.

Toutefois, le président de l’UPG ne s’est pas prononcé sur sa rencontre à Paris avec le président Ali Bongo. Une rencontre qui avait suscité l’étonnement de l’opposition face à ce qu’elle qualifiait de curieuse proximité, qui disait-elle, «est tout sauf neutre». «Aujourd’hui ce sont des retrouvailles et je pense que le moment n’est pas encore venu de faire le point de tous ce que j’ai fait à Paris, aussi bien à Bruxelles. La presse sera informée mais, souffrez qu’aujourd’hui, ce ne soit que la fête», a simplement indiqué Pierre Mamboundou.

Publié le 22-11-2010    Source : Gaboneco     Auteur : Gaboneco

vendredi 19 novembre 2010

Gabon : Retour de Pierre Mamboundou au bercail


 LIBREVILLE (AGP) - Le président de l’Union du peuple gabonais (UPG-opposition), Pierre Mamboundou, regagne Libreville dimanche prochain, au terme d’un séjour médical plus de six mois en France.

Selon une source proche de l’UPG, M. Mamboundou est attendu à 17h00 (16h00 GMT) à l’aéroport international Léon Mba. Peu après son arrivée, il se rendra au siège du parti pour une conférence de presse.
En septembre dernier, le leader de l’UPG s’est entretenu avec le président Ali Bongo Ondimba à Paris (France). Cette première rencontre entre le chef de l’Etat gabonais et M. Mamboundou, depuis l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, remportée par Ali Bongo Ondimba, a suscité un débat houleux au sein de la classe politique gabonaise.

Des partis de l’opposition ont accusé M. Mamboundou, arrivé en seconde position derrière le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir), lors de la présidentielle anticipée, d’avoir fait allégeance au nouveau pouvoir incarné par le président Ali Bongo Ondimba. D’autant que le leader de l’UPG avait revendiqué la victoire à la présidentielle, tout comme l’ancien ministre de l’Intérieur, André Mba Obame, classé 3ème derrière M. Mamboundou. M. Mba Obame a rejoint l’opposition après son échec à la présidentielle. Il est actuellement le secrétaire exécutif de l’Union nationale (UN, opposition), dernière née des formations politiques gabonaises, dont l’ossature est constitué d’anciens barons du régime du défunt président Omar Bongo Ondimba.

Auteur : IM/LM                                 Sources : AGP                       Publié le 2010-11-17 à  14:13:44

Justice : Feu vert pour l’enquête sur les «biens mal acquis»

La Cour de cassation a autorisé ce 9 novembre la justice française à enquêter sur les conditions d'acquisition en France du patrimoine de trois chefs d'Etat africains, dans l'affaire dite des «biens mal acquis».

Un juge français aura-t-il le droit d'enquêter sur l'affaire des «biens mal acquis» ? Oui, car la plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a annoncé ce 9 novembre que la justice pouvait continuer à enquêter sur les patrimoines français des présidents du Congo-Brazzaville, du Gabon et de Guinée équatoriale.

Le dossier concerne le patrimoine immobilier de 160 millions d’euros en France des présidents Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatorial), le défunt chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, et certains de leurs proches. Selon certaines sources, la famille Bongo Ondimba possèderait à elle seule une trentaine de luxueux appartements ou maisons

Cette décision est l'aboutissement d'un long cheminement judiciaire. A l'origine, il y a cette plainte déposée en mars 2007 par l'ONG Transparence International. L’ONG souhaite alors que la justice enquête sur les biens acquis en France par ces trois chefs d'Etat.

A l'issue d'une première enquête, le parquet a choisi de classer le dossier. L'ONG a alors contourné cette décision en déposant une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, ce qui permet de saisir directement un juge d'instruction. En mai 2009, le pôle financier de Paris autorise l'ouverture d'une enquête. Mais le parquet fait appel, arguant que le plaignant n'est pas la victime et qu'il ne peut agir juridiquement.

Maître Olivier Pardo, avocat du président de la Guinée-Equatoriale, a affirmé que rien dans le dossier ne permettait d'incriminer son client et que «ce sera confirmé» pendant l'instruction. «Il ne faut pas prendre les chefs d'Etat africains pour des gens sans foi ni loi», a-t-il martelé. L'enquête pourrait être riche d'enseignement car la police française a déjà mis au jour des choses surprenantes. Ainsi un fils d'un de ces chefs d'Etat disposerait de huit comptes bancaires bien fournis. Un autre aurait acheté une quinzaine de Ferrari et autres Aston Martin et ce n'est que le début de l'inventaire.

Publié le 09-11-2010    Source : Gaboneco     Auteur : Gaboneco